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Intervention de Stéphane Perrin, lors du débat de politique générale en session – Session du Conseil régional de Bretagne – 22 juin 2018

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Notre session vient clôturer une semaine riche. A bien des égards, elle est représentative de la manière dont les Bretonnes et les Bretons ont toujours construit leur avenir : une action collective reposant sur l’intérêt du territoire avant les clivages partisans ou géographiques ; une volonté de se prendre en main et de ne pas se contenter d’une posture de quémandeur ; une relation positive mais exigeante vis-à-vis de l’Etat.

L’action collective s’est matérialisée par cette lettre ouverte adressée au Président de la République signée par l’ensemble des présidents d’exécutifs locaux. Les présidents d’intercommunalités Radicaux se sont naturellement associés à cette démarche. Au-delà de son contenu, elle apporte d’abord un démenti cinglant à ceux qui, dans cet hémicycle ou à l’extérieur, s’emploient à creuser les oppositions entre les territoires : entre le littoral et les terres, entre les Métropoles et les villes moyennes, entre les urbains et les ruraux, entre l’est et l’ouest.

L’ensemble des élus de notre territoire s’est mobilisé pour défendre le développement et l’accessibilité de la Bretagne. Nous pouvons être fiers de cette mobilisation et notre groupe tient à saluer, Monsieur le Président, votre rôle primordial dans la réussite de cette démarche.

Cette action collective s’inscrit aussi dans la volonté des Bretons, de se prendre en main, d’être maîtres de leur destin. Notre histoire est jalonnée de moments difficiles qu’il s’agisse des mutations industrielles et de leurs conséquences sur les femmes et les hommes, des catastrophes écologiques, des crises agricoles… Mais c’est toujours en étant à l’initiative que la Bretagne a fait entendre sa voix.

Et les initiatives n’ont pas manqué. Ce fut d’abord le rôle joué par la Région dans le sauvetage de Doux. Nous avons échappé à une catastrophe sociale et à un désastre pour les territoires concernés. Votre rôle, Monsieur le Président, et l’implication de nos collègues Olivier Allain et Martin Meyrier ainsi que celle de nos services ont été décisifs.

J’ai lu dans la presse que certains n’y voyaient qu’un montage de banquier dont vous seriez familier, Monsieur le Président. Je crois au contraire que la démonstration éclatante a été faite que l’intervention publique dans l’économie, avec un rôle de stratège, peut être plus efficace que la seule initiative privée qui, on l’a vu dans le cas de Doux, a manqué totalement de pertinence quant aux choix stratégiques.

L’initiative c’est aussi le contenu de cette lettre ouverte des élus bretons que j’évoquais s’agissant de l’accessibilité. Les propositions qu’elle contient sont pertinentes pour le développement de notre territoire mais aussi réalistes et effectives dans un horizon de temps raisonnable.

L’initiative c’est enfin ce groupe de travail sur la différenciation présidé par notre collègue Jean-Michel Le Boulanger auquel toutes les formations républicaines ont participé. Les Radicaux ont apporté leur contribution à ce travail. Il s’agit pour notre groupe d’un point de départ :

  • d’une part, parce qu’il faudra à la faveur des débats législatifs, obtenir l’inscription dans la loi des dispositions permettant l’expérimentation et la différenciation ;
  • d’autre part, parce qu’il conviendra d’actualiser ce travail et d’explorer de nouveaux champs, par exemple celui de l’organisation de l’action des différentes collectivités s’agissant des mobilités.

Et puis il faut enfin une relation positive et exigeante avec l’Etat. Positive car il ne s’agit pas de s’inscrire dans un rapport conflictuel avec l’Etat. Exigeante car, indépendamment de la couleur politique de la majorité au plan national, il faut faire valoir nos spécificités. Et parce que nous savons agir collectivement et être à l’initiative, nous sommes légitimes pour être exigeants vis-à-vis de l’Etat.

C’est dans ce contexte qu’est intervenu le déplacement du Président de la République en Bretagne et, en particulier, le discours qu’il a prononcé à Quimper. Quels éléments pouvons-nous en retenir ?

D’abord une reconnaissance de la méthode bretonne, pour ne pas dire un hommage, en particulier dans le cadre des politiques relevant du conseil régional. La Bretagne est identifiée comme un laboratoire. Le fait que plusieurs propositions du groupe de travail différenciation soient d’ores et déjà retenues par le Président de la République traduit cette appréciation.

Il faut ensuite constater que l’essentiel des demandes portées par les collectivités bretonnes ont été satisfaites par le Président de la République avec, en plus, l’engagement qu’elles seront effectives dans des délais assez courts.

Il reste évidemment à s’assurer de la mise en œuvre de ces engagements, mise en œuvre qui dépend d’ailleurs tant de l’Etat que des collectivités territoriales comme l’a indiqué le Président de la République.

Ce discours a en tout cas permis de renouer avec le discours devant le congrès en juillet 2017 qui envisageait la conclusion d’un pacte girondin. Pour les Radicaux, il était temps car les signes négatifs à l’égard des régions s’étaient multipliés qu’il s’agisse de la suppression du fonds de soutien à l’économie, de la réforme de l’apprentissage ou encore des zonages en matière de politique du logement.

Nous le répétons, aucune des réformes d’ampleur dont notre pays a besoin ne pourra se faire sans une relation de confiance dans les territoires. L’Etat doit se recentrer sur ses missions régaliennes et son rôle de garant de la solidarité nationale. Il le pourra en laissant aux collectivités l’initiative et les moyens sur les autres champs des politiques publiques.

Nous retirons de cette semaine riche un enseignement en tout cas. Dans ce temps politique dont il faut reconnaître qu’il est troublé, complexe et difficile, la cap que vous nous avez proposé, Monsieur le Président, est le bon car nous vous devons une bonne part des acquis politiques de cette semaine. Aussi je tiens à vous réaffirmer, Monsieur le Président, au nom de mon groupe, toute notre confiance.

Stéphane Perrin

Président du Groupe Radical Social & Européen – Conseil Régional de Bretagne

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