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Intervention de Sylvie Argat-Bouriot sur la question du contrat breton pour la formation, l’orientation et l’évolution professionnelles

Deux ans, deux ans déjà que le Conseil Régional s’est engagé aux côtés de l’Etat et des partenaires sociaux pour organiser le Développement de la Formation et de l’Orientation Professionnelle.

Parfois à la manœuvre (offre de formation), parfois simple coordinateur, souvent dans la co-construction, le Conseil dresse aujourd’hui l’état d’avancement de ses dix chantiers en cours.

Notre objectif, au travers de ces chantiers  est bien de réduire les inégalités et d’offrir aux bretonnes et aux Bretons, dès le plus jeune âge, une chance de se former de façon continue et personnalisée pour accéder aux savoirs et à l’emploi.

Je m’attarderai plus particulièrement sur le chantier relatif à la prévention des ruptures des parcours et à la lutte contre les décrochages, le Président m’ayant confié, au début ce mandat, la mission  de suivi  des  Plates-formes de Suivi et d’Appui aux Décrocheurs (PSAD).

Il est avéré désormais (et on  ne peut que s’en réjouir) que le nombre de jeunes sortant de formation initiale sans diplôme est en net recul depuis 2010. Cette évolution est liée à la mise en œuvre de mesures de repérage et de prévention dans les établissements d’enseignement  pour prévenir le décrochage. En revanche, il reste encore difficile d’évaluer précisément le nombre de  ces jeunes décrocheurs.

 La première étape a été d’en donner une définition au niveau Régional. Pour nous, il s’agit des jeunes de 16 à 25 ans, en formation initiale, sous statut scolaire ou par apprentissage,  n’ayant pas obtenu le diplôme correspondant au cursus dans lequel ils s’étaient inscrits. Et ceci, qu’ils possèdent ou non un premier diplôme ou une certification.

Après deux ans d’expérimentation et de coordination de leurs activités, les Plates-formes d’appui aux décrocheurs (PSAD) vont pouvoir alimenter de façon cohérente et chiffrée l’Observatoire du décrochage régional.

Le recueil des données et leur exploitation devraient mobiliser l’ensemble des acteurs en contact avec les jeunes. A cet effet, un séminaire est organisé le 16 octobre à Pontivy pour restituer les informations quantitatives et qualitatives sur les jeunes repérés pendant  l’année scolaire 2018-2019.

Mais le repérage reste encore insatisfaisant.

C’est pourquoi, en dehors des deux campagnes nationales, il devient nécessaire de développer une coopération étroite entre toutes les structures en lien avec ces jeunes fragilisés dans leur parcours scolaire pour agir de façon plus rapide et efficace.

Il est évident qu’en évitant les ruptures de prise en charge au niveau local, on assure un meilleur accompagnement et un soutien individualisé.

Au-delà du dénombrement des jeunes en situation de décrochage, notre objectif est bien de développer et d’imaginer des processus de raccrochage pour soutenir ces  jeunes dans la construction de leur projet personnel et professionnel. En effet, constater est une chose, guérir en est une autre.

Dans cette optique, lors du renouvellement de ses offres de formation, la Région a bien intégré, dans son cahier des charges, la nécessité d’une grande souplesse et d’un accompagnement individualisé. C’est le cas,  notamment, avec  le dispositif PREPA Avenir Jeunes. Destiné à un public de moins de 26 ans, il  est particulièrement adapté aux jeunes en situation de décrochage.

Dès le début de ce dispositif, les stagiaires sont amenés à se reconstruire. En s’appuyant sur des méthodes de valorisation des capacités et des acquis,  complété par un bilan médical,  les formateurs amènent ces jeunes à développer une meilleure image de soi. Cette  étape est  indispensable avant toute construction d’un projet professionnel.

J’ai assisté, personnellement, au bilan émouvant d’une jeune fille de 18 ans, qui avait interrompu sa formation bac pro commerce. Timide et introvertie en début de formation PREPA Avenir Jeune, 6 mois auparavant, elle exprime devant un public de 20 personnes sa totale métamorphose et remercie les personnes qui l’ont accompagnée «  Vous avez changé ma vie ! » Ce sont ses mots. Abandonnant la piste du commerce, elle se dirige désormais vers une formation QUALIF Emploi « Aide de Vie aux Familles » après avoir découvert son attirance pour ce secteur d’activité.

Cette illustration a pour but de rappeler que le décrochage scolaire peut être vu comme un passage à vide avant un rebondissement et combien il est important de proposer la bonne prestation, la bonne respiration  au bon moment. Ne voyons pas toujours le décrochage comme un échec. Dans certains cas, cette rupture est nécessaire pour reprendre en main son avenir et redéfinir ses aspirations en dehors d’un contexte scolaire ou familial contraignant.

Cela suppose également qu’il n’y ait pas de rupture de l’accompagnement entre les établissements d’enseignement et les Plates-formes d’appui aux décrocheurs et que les outils de remédiation soient connus de tous les conseillers en orientation.

Aujourd’hui, avec notre nouvelle compétence sur la mise à disposition de l’information sur les métiers auprès de tous les publics, notre responsabilité est accrue dans ce processus d’orientation et d’accompagnement.

Quand je vois fleurir des initiatives tout à fait louables, sur ces sujets, je ne peux que m’en réjouir. Mais, attention ! Gare à l’éparpillement des dispositifs  et des plateformes qui risquerait d’apporter une certaine confusion auprès de nos publics cibles. Une cohésion d’actions et de moyens est donc bien indispensable au niveau régional pour assurer complémentarité et lisibilité.

Et, j’en suis persuadée, le Conseil Régional, avec ses moyens techniques et humains est parfaitement capable de fédérer, encourager, fiabiliser et mettre en cohérence  toutes ces initiatives pour assurer la réussite que nous souhaitons tous pour nos jeunes Bretonnes et Bretons.

Et quand je parle de nos jeunes bretons, à  défaut de leur léguer un monde meilleur, notre rôle est de leur permettre de le construire et d’y participer.

Et pour conclure, je vous demande donc de prendre en considération que, sans la culture, sans le savoir, sans le goût de l’effort et de la persévérance, ce seront d’autres que nos jeunes qui construiront ce monde, mais uniquement pour leurs profits économiques particuliers et pour le triomphe de leurs idéologies partisanes…. ou religieuses.

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