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Session du 14 et du 15 décembre 2017-Débat de Politique générale-intervention de Stéphane Perrin

Vous me permettrez de faire état dans mon propos de quelques réussites qui ont fait la une de la presse ces dernières semaines. Elles témoignent toutes du dynamisme de notre territoire mais aussi des vertus de l’action publique, pourtant si décriée.

D’aucuns me reprocheront sans doute un optimisme béat, de l’autosatisfaction, une forme d’aveuglement… En Bretagne comme ailleurs, nous avons l’habitude de subir les perpétuels discours déclinistes. Mais en Bretagne, contrairement peut-être à ce qui se passe souvent ailleurs, nos concitoyens ne tombent pas dans cette facilité. La Bretagne reste une terre de mobilisation.

Le premier témoignage est le secteur de l’agroalimentaire. Le rapprochement de D’Aucy et de Triskallia, annoncé dans les locaux même de la Région ou encore l’inauguration de la nouvelle unité de production de poudre de lait de Laïta à Créhen démontre que ce secteur n’est pas sinistré mais reste au contraire un secteur qui investit.

L’enjeu n’est pas mince. Il s’agit de donner à nos agriculteurs des débouchés, en France et à l’étranger, de créer de la valeur ajoutée sur notre territoire et enfin de maintenir de l’activité sur l’ensemble du territoire breton.

Ceci valide la stratégie de notre majorité qui a veillé au devenir de ces entreprises essentielles pour notre territoire. Après la pérennisation du site PSA à Rennes, voilà deux piliers de l’économie bretonne, l’agroalimentaire et l’automobile, remis sur pied et prêt à affronter l’avenir.

Un deuxième témoignage est l’inauguration le week-end dernier de la ligne ferroviaire Brest-Quimper. Nous savons que l’enjeu de mobilité est décisif et que les territoires desservis par cette ligne attendaient avec impatience cette ouverture.

La Région Bretagne a toujours investi fortement dans le ferroviaire, y compris dans l’infrastructure qui ne relève pas normalement de sa compétence. Certes il reste encore beaucoup à faire mais mesurons la qualité et la densité de notre service ferroviaire par rapport à ce que connaissent d’autres régions.

Un troisième témoignage est l’élection de Thierry Burlot à la tête du comité de bassin de l’agence de l’eau Loire-Bretagne. Notre groupe salue cette élection qui doit certainement beaucoup à la maîtrise technique mais aussi à l’engagement enthousiaste de notre collègue.

Nous voulons aussi y voir une reconnaissance du travail considérable qui a été conduit en Bretagne pour la reconquête de la qualité de l’eau. Il faut redire combien les progrès réalisés doivent tout à l’engagement commun de la collectivité, de nos agriculteurs et des associations de défense de l’environnement.

Dans cette matière où il est si facile de tenir des discours négatifs et clivants, les Radicaux apporteront leur entier soutien à ces démarches. Comme ils l’ont réaffirmé le week-end dernier dans leur charte, la protection de l’environnement fait partie de leurs principes fondateurs en faisant de la science une alliée et non une ennemie.

Ceci m’amène à un autre des principes fondateurs des Radicaux, l’engagement pour l’Europe. Là encore, le discours négatif est à la mode. Moins peut-être depuis que l’on peut constater concrètement le coût de la non-Europe en suivant les effets du Brexit.

Voilà désormais nos voisins britanniques (et je dis britanniques en ayant une pensée particulière pour nos amis gallois et écossais) mis au pied du mur : quitter le marché européen en subissant le contrecoup économique ou dupliquer les règles du marché européen sans pouvoir contribuer à leur élaboration.

L’isolement mortifère ou le suivisme mécanique, telle est l’alternative pour le Royaume-Uni. Voilà qui devrait édifier chacun sur ce veut dire souveraineté dans le monde que nous connaissons. Il n’y a point de souveraineté nationale sans engagement européen.

Ceci posé, il nous faut évidemment veiller au contenu des politiques européennes. Nous saluons le fait que le président Juncker vous ait reçu Monsieur le Président. Il est utile que la voix des Régions, qui sont les opératrices sur le terrain des fonds de cohésion soient entendues.

Beaucoup reste à faire pour que ces fonds soient mobilisés de manière plus efficace, plus rapide. C’est le sens de la contribution de la Région sur la politique de cohésion dont nous débattrons demains. Nous espérons que le président de la Commission aura entendu votre appel et que, pour ce qui nous concerne, l’Etat créera le cadre pour que les Régions soient enfin pleinement en responsabilité sur ce sujet.

Les relations avec l’Etat, voilà un autre sujet qui va nous mobiliser dans les prochaines semaines. Les Radicaux ont réaffirmé dans leur charte fondatrice leur engagement en faveur d’une décentralisation forte et utile en dotant notamment les collectivités de ressources fiscales propres.

Nous aurons l’occasion dans le cadre du débat d’orientations budgétaires de revenir sur les questions financières. Mais cela n’est qu’une dimension de notre relation avec l’Etat. Nous l’avions déjà dit lors de notre précédente session : les réformes utiles que le Président de la République souhaite mettre en œuvre se feront avec les territoires et non contre eux.

La Région Bretagne a montré les vertus de l’expérimentation locale. Le gouvernement a ouvert la porte sur le sujet, il faut que les collectivités répondent présent. La Cour des comptes, dans un rapport rendu public hier, a invité l’Etat à se recentrer sur ses missions régaliennes et a confié aux collectivités la responsabilité pleine sur les autres. La Cour cite dans son rapport des matières qui concernent directement la Région : la formation et l’orientation, la vie associative et la jeunesse, les crédits européens… Là encore, sachons nous saisir de ces propositions.

La conférence nationale des territoires qui se tient en ce moment même donnera des premières pistes. Les Radicaux espèrent que les annonces traduiront l’engagement du Président de la République pris devant le Congrès en juillet dernier pour la conclusion de pacte girondin, reposant sur la confiance, avec les collectivités.

Notre Région (et quand je dis région je ne pense pas uniquement à la collectivité) a toujours su se mobiliser et affronter les difficultés qu’elles soient liées à sa géographie, à sa situation économique ou sociale. Sachons conserver cet esprit positif. Ce n’est pas nécessairement la posture la plus facile mais c’est la plus prometteuse.

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