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Session des 15-16-17 février 2018 – Santé/Prévention – Intervention de Stéphane Perrin

Monsieur le Président,

Mes chers collègues,

Au vu des indicateurs de santé plus que défavorables ainsi que les importantes inégalités sociales et territoriales qui semblent mettre au banc la région Bretagne, le Conseil Régional a décidé de recentrer ses efforts.

En effet, renforcer, cibler et diversifier les moyens mis à disposition de la prévention semble être de mise.

La problématique étant clairement l’inégalité de notre population face à la prévention et à l’accès aux soins, il est urgent d’inverser la tendance en mettant notamment l’accent sur l’élargissement de l’accès à la prévention.

Quelques mots sur les inégalités de santé et sur les liens entre la prévention et la pauvreté. En France, la situation est paradoxale, puisque nous avons à la fois un record d’espérance de vie, l’une des plus élevées au monde et de fortes disparités qui perdurent et se renforcent entre CSP. Notre système de santé bien que performant et solidaire reste donc profondément inégalitaire.

Notre région n’échappe pas à ce paradoxe. L’écart de mortalité selon les catégories socioprofessionnelles serait plus important en Bretagne que dans les autres régions françaises. Une étude de l’Inserm portant sur les années 1987 – 1993 a mis en évidence que la Bretagne détenait l’écart le plus élevé des régions françaises, pour le taux de mortalité générale des hommes entre la catégorie des ouvriers / employés et celle des cadres supérieurs / professions libérales. Une autre étude, de l’ORS Bretagne, portant sur la même période, a montré que la catégorie des ouvriers bretons présentait un taux de décès par suicide double de celui de la moyenne des ouvriers en France. »

Plus largement, nous sommes en effet l’un des pays où l’écart entre l’espérance de vie des plus pauvres et l’espérance de vie des classes sociales les plus élevées est le plus fort !

Beaucoup d’études, y compris dans différents pays, ont montré que plus le niveau de vie augmente, plus on augmente les ressources des pauvres, plus les écarts d’espérance de vie se réduisent. La lutte contre les inégalités territoriales et sociales de santé doit donc être au cœur de l’action publique en matière de prévention, promotion de la santé et du bien-être et de l’accès aux soins.

Une action publique qui se doit donc de réfléchir à ses modalités d’intervention auprès des publics les plus fragiles pour réduire et prévenir l’impact de la précarité sur l’état de santé et de bien-être de la population.

Derrière ces écarts d’espérance de vie, nous allons trouver des dimensions comportementales extrêmement importantes, en matière d’alimentation, d’alcool, de tabagisme, de comportement, qui sont des variables explicatives d’une partie de ces écarts.

Ainsi les groupes sociaux les mieux dotés en capital financier, culturel sont en effet les premiers à tirer profit des messages incitant à la prévention, ce qui a pour effet de creuser les inégalités observées.

Plus que toute autre discipline de la médecine, la prévention se doit donc de s’adapter aux contours toujours mouvants de notre société. Les acteurs de la prévention, leurs missions, leurs moyens sont divers, ondoyants, souvent difficiles à enserrer dans un cadre normatif.

C’est pourquoi cela passe par plusieurs canaux de sensibilisation. La formation des acteurs du milieu festif (pour le jeune public) tout d’abord mais aussi le renforcement de l’aide apportée (tant financière que matérielle) aux professionnels de santé désireux ou hésitant à s’installer en zone de désert médical. La mise en œuvre du troisième plan régional santé environnement 2017-2021 que la Région copilote avec l’Agence Régionale de Santé et l’Etat sera l’un des leviers stratégique majeurs de notre politique en ce sens.

Si nous prenons l’exemple du V.I.H, Les chiffres du rapport Corevih montrent clairement que le nombre de personnes atteintes du VIH est en concordance avec sa méconnaissance des moyens de prévention et de protection, mais plus que ces chiffres édifiants d’autres doivent tout autant nous interpeller comme la hausse constante des personnes atteintes de MST ou IST.

D’où l’importance de la mise en place des centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic des infections par les virus de l’immunodéficience humaine, des hépatites virales et des infections sexuellement transmissibles, doit être un nouveau le bras armé de la lutte contre le VIH et les IST.

Rappelons également l’immense travail que fournissent des organismes tels que le Planning Familial. Organisme qui fait d’ailleurs malheureusement l’actualité ces jours-ci, non pas pour leur travail ô combien méritoire mais pour l’antipathie qu’il attire auprès de groupuscules extrémistes fanatiques catholiques. Effets semble-t-il secondaires de la Manif pour tous.

Pour toutes ces raisons il est aujourd’hui et plus que jamais nécessaire de promouvoir et soutenir l’action du Planning mais aussi de renforcer toutes les associations allant dans son sens, qu’ il s’agisse de Sidaction, AIDES, solidarité SIDA… ou par le biais de sites informatifs à l’instar de Onsexprime.fr, Sexosafe.fr.

Je vous remercie.

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