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Session du 23 juin 2017 – débat de politique générale – intervention de Stéphane PERRIN

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Notre collectivité vit une nouvelle étape de son histoire. Au nom de mon groupe, je voudrais tout d’abord exprimer notre gratitude à Jean-Yves Le Drian. Je ne reviendrais pas sur sa contribution au développement de la Bretagne dont il a déjà été maintes fois question. Je souhaiterais surtout à cet instant saluer la méthode qu’il a su insuffler et qui semble d’ailleurs avoir fait merveille dans ses fonctions ministérielles. La simplicité dans le rapport à l’autre, une action dont le cap est clairement fixée, une économie de mots gage d’efficacité. Puissions-nous conserver ce même état d’esprit pour le reste de la mandature.

Je souhaite aussi au nom de mon groupe vous dire, Monsieur le Président, que vous avez toute notre confiance pour poursuivre l’action engagée depuis le début de la mandature. Nous nous reconnaissons dans votre parcours personnel, professionnel, militant et politique. Vous avez su conduire au cours de l’année passée autant que de besoin l’action de l’institution et celle de la majorité régionale dans le respect de ses différentes sensibilités. Vous avez surtout constamment fait preuve d’un esprit positif, ce dont nous avons tant besoin en ces temps où nombre de responsables politiques, englués qu’ils sont dans des problèmes d’appareil, ont l’air si compassés.

Cet esprit positif nous en aurons bien besoin. La séquence électorale qui vient de se clore laisse en effet un sentiment mitigé. Les Français ont exprimé un puissant désir de renouvellement et ont trouvé dans la proposition politique d’Emmanuel Macron un moyen d’y parvenir sans céder aux extrêmes. L’échec des formations politiques traditionnelles, qui n’ont pas su définir une ligne politique claire, est patent mais en réalité peu surprenant pour ne pas dire prévisible.

Dans le même temps, le niveau record atteint par l’abstention est le signe d’un épuisement démocratique. Au-delà des réformes institutionnelles qui sont indispensables, il faut aussi rétablir le sens citoyen et civique dans la population. Trop souvent l’électeur est devenu un consommateur de service public avant d’être un citoyen.

La citoyenneté, c’est l’affaire de l’école, des corps intermédiaires et pas seulement des collectivités publiques. Mais il nous appartient aussi de créer les conditions pour que ce sentiment citoyen soit de nouveau vivace.

Nous voulons saluer votre souhait alors que vous assumez désormais la fonction de président, de placer la démocratie au cœur de l’action de notre collectivité. Et nous nous félicitons que vous ayez confié à notre collègue Jean-Michel Le Boulanger la délégation de la démocratie régionale.

Il est indispensable de donner un maximum de sens politique à l’action de la Région sans quoi nous ne serions que des techniciens, peut-être efficaces, mais ne répondant pas à leur mission d’élus. Il faudra donc toujours plus associer les habitants à la prise de décision, partager avec eux l’information sur les contraintes, définir des objectifs en retrouvant le sens de l’intérêt général.

Il n’est pas anodin que cette mission soit confiée au vice-président en charge de la culture. L’élément fondateur du fait régional en Bretagne est la culture. Le sens que nous donnerons à l’action publique sera d’autant plus fort qu’il s’appuiera sur notre identité culturelle.

Cette action est d’autant plus forte que nombre de nos concitoyens ont le sentiment d’être enfermés dans des difficultés inextricables. Le président de la République a parlé à ce sujet d’assignation à résidence pour décrire la situation de ces personnes qui ont peu de perspectives du fait de leur origine sociale, de leur lieu de résidence ou de leur formation initiale.

Je retiens ainsi du bilan de la Mission locale de mon territoire combien la question de la mobilité est centrale dans les difficultés que rencontrent les jeunes les plus éloignés de la formation ou de

l’emploi. Ceci permet de souligner l’importance de notre offre ferroviaire et demain de notre offre de transport routier interurbain pour satisfaire ce besoin, en assurant au mieux l’intermodalité.

Outre la mobilité physique, il y a la mobilité des données. Les usages numériques se développent à une vitesse telle qu’il n’est plus possible aujourd’hui de se dispenser d’un réseau performant de communication.

Mais les freins à la mobilité sont parfois psychologiques. L’impossibilité d’envisager un projet de formation ou de reconversion professionnelle nourrit la résignation. Dès lors, notre action au titre du service public régional de l’orientation ou à destination des décrocheras est essentiel. Sachons également valoriser les réussites comme nous le faisons au travers d’une manifestation telle que les Olympiades des Métiers.

Pour réussir, il nous faudra de la créativité et de l’audace, comme vous nous y avez aussi appelé, Monsieur le Président. Cette créativité ne devra pas seulement porter sur le contenu des politiques elles-mêmes mais également sur les conditions de leur élaboration et de leur mise en œuvre avec leurs destinataires.

L’enjeu est d’autant plus grand que notre collectivité, qui était exclusivement une collectivité stratège, devient également de plus en plus une collectivité de service aux usagers.

Ceci ne doit pas nous faire perdre de vue pour autant les objectifs de long terme. La répétition des épisodes caniculaires comme celui que nous vivons, la sécheresse qui affecte presque chaque année désormais la Bretagne nous permettent de mesurer concrètement les effets du réchauffement climatique.

Comme le déclarait récemment le climatologue Jean Jouzel, les effets du réchauffement climatique sont perceptibles mais ils ne sont pas encore douloureux comme ils peuvent l’être par exemple dans les pays tropicaux.

La COP21 a été une réussite mais dont on mesure la fragilité suite à la décision invraisemblable de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’accord. Fort heureusement, les collectivités locales partout dans le monde restent engagées comme l’ont montré Michael Bloomberg, ancien maire de New York, et Anne Hidalgo, maire de Paris, tous deux très engagés pour valoriser les initiatives locales.

Notre région n’est pas restée immobile. Ce volontarisme s’est manifesté au travers de la COP Breizh lancée à Saint-Malo. Il apparaît aussi au travers de l’ensemble des actions autour de la transition énergétique. L’occasion de saluer le travail de notre collègue Dominique Ramard dans un secteur où tout est à construire mais si important pour notre avenir environnemental et économique.

L’ensemble de ces sujets supposent que les collectivités locales, et singulièrement les Régions, soient pleinement dotées des moyens juridiques et financiers pour agir. Trop souvent, la décentralisation est restée imparfaite.

Il en est ainsi des recettes des Régions, dont elles ne maîtrisent qu’une faible partie. Au moins peut-on se satisfaire que l’acquis de l’an dernier, à savoir l’affectation d’une part de TVA en intégrant le fonds de soutien à l’économie, ne semble pas devoir être remis en cause compte tenu des assurances obtenues par Philippe Richert, président de Régions de France, de la part du Président de la République.

Les imperfections restent également s’agissant de la gestion des fonds européens pour lesquels il est incompréhensible que les Régions, autorités de gestion, ne soient pas autorités de paiement.  Nos voisins européens font souvent beaucoup plus confiance dans leurs territoires. Comme me l’indiquait une responsable économique qui travaille avec d’autres régions européennes, nous avons le sentiment de ne pas appartenir à la même Europe.

Je ne doute pas que le ministre de l’Europe et des affaires étrangères portera ce message.

Nous avons au sein de cette majorité su conserver le volontarisme, pour ne pas dire la combativité, d’autant plus que notre Région a traversé des crises majeures. Il faut probablement lire l’abstention comme l’expression d’une attente toujours plus forte de nos concitoyens. Nous nous devons être à la hauteur en restant volontaires et combatifs.

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