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Session du 23 juin 2017 : Intervention d’Alain Le QUELLEC sur le Schéma Directeur Régional des Exploitations Agricoles

La politique agricole commune a répondu à ses objectifs de sécuriser l’approvisionnement alimentaire et d’augmentation de la productivité des exploitations. Elle échoue aujourd’hui à garantir un revenu décent aux agriculteurs. Pourtant ils ont réalisé, durant ces dernières décennies, d’impressionnants gains de productivité. Et les agriculteurs bretons au moins autant et sinon plus que les autres. Investissements importants, évolution des techniques de production, création d’outils collectifs comme les coopératives ou les CUMA , développement des formes sociétaires, montée en gamme. Mais tous ces gains de productivité ne sont pas restés dans les exploitations mais, par le jeu de la baisse tendancielle des prix, ont été récupéré par d’autres acteurs de la filière. Bien souvent même les gains de productivité obtenue par les agriculteurs ne servent qu’à rattraper, avec retard, les baisses de prix. Cela démontre bien qu’un marché laissé trop libre ne profite qu’à ceux qui ont la position la plus forte. Des règles sont donc indispensables si nous voulons que ceux qui font des efforts puissent en retirer les bénéfices.

Ce débat sur l’avenir de la PAC est donc pour la Bretagne une chance et une nécessité. Il faut reconnaître que l’équation est complexe et ceux qui caricaturent le débat ne servent pas les agriculteurs. Il doit trouver une ligne étroite qui permette à la fois de conserver une agriculture compétitive capable de garder ou de gagner des marchés (et donc de créer des emplois) et une agriculture de proximité répondant à la demande locale et respectant les exigences environnementales. Il suffit de poser les deux termes de l’équation pour en mesurer la complexité. Mais notre ligne doit être claire dans le soutien de l’activité agricole et agro-alimentaire. Il faut au moins maintenir en Bretagne le niveau d’activité en chiffre d’affaire, plus-value et emploie. Cela suppose, puisque le marché trop libéral ne le permet pas, des règles de production et de répartition des plus-values entre les différents acteurs de la filière. Le débat annoncé par le président de la république dans des états généraux de l’alimentation doit poser cette réalité de l’inégalité des revenus et du nécessaire rééquilibrage. Mais cette répartition n’adviendra pas sans une volonté forte et partagée. Il y a quelques mois nous avons pris un vœu commun à propos des crises laitières et porcines demandant une régulation. J’avais souligné ma satisfaction que ce vœu avait été partagé et voté par toute notre assemblée régionale. Il faut profiter de ce débat sur la PAC pour construire une position commune entre agriculteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs et politiques. Sans cette force d’une position commune nous auront peu de chance d’imposer des évolutions.

Et le débat est le même à propos de la réflexion sur le schéma régional des structures. Tous les acteurs ont soulignés la nécessité de continuer ce contrôle des structures et ne manifestant de différences  que sur de petits détails. Ici aussi chacun reconnaît la nécessité des règles pour maintenir notre agriculture bretonne.  L’abandon de ce contrôle signerait, à terme, la fin de notre modèle. Pourtant une menace existe. Elle n’est pas de notre compétence mais de celle des parlementaires. Aujourd’hui, à partir de montages sociétaux détournés de leur finalité naturelle, plus de 40 % des échanges de surfaces agricoles, échappent à ce contrôle des structures. L’ancienne assemblée avait tenté d’y remédier mais ici encore des pressions avaient interdit cette excellente réforme. J’espère que tous les parlementaires bretons soutiendront cette nécessaire évolution de la réglementation qui permettra de nouveau une réelle efficacité de ce contrôle.  Comment imaginer que ce contrôle des structures souhaité par tous, soit une nouvelle fois, empêchée pour des raisons idéologiques.

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