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Session des 8 & 9 juillet :intervention de Sylvie Argat-Bouriot sur la question du décrochage

Monsieur Le Président, mes chers collègues,

Nous voilà tous réunis aujourd’hui après avoir passé de nombreux mois confinés du fait du contexte sanitaire que nous connaissons tous.

Nombreux sont les secteurs qui ont connu des difficultés lors de cet épisode de pandémie mondiale. Nous avons bien évidemment en tête les personnels hospitaliers, restaurateurs, personnes liées au monde du spectacle et de la culture montant au créneau afin de nous faire prendre conscience de ce qui se passait réellement sur le terrain.

Sans diminuer l’importance et l’urgence de leur situation, il y a un thème qui me tient particulièrement à cœur et que j’ai souhaité aborder ici : il s’agit du décrochage scolaire, cette préoccupation faisant partie du programme de redémarrage et transitions de la Région.

Et si je puis résumer notre travail de ces derniers mois par une phrase, c’est :

Confinés mais pas déconnectés !

Notre région a su se démarquer en faisant acte de solidarité, d’organisation et de célérité. J’en profite d’ailleurs, pour saluer le travail de tous les agents de la région qui pendant cette période de confinement sont restés, malgré tout, mobilisés.

Cependant, et comme de nombreux territoires, nous n’échapperons pas à la récession économique qui se prépare. J’y reviendrai en tant que Costarmoricaine et Trégoroise à la fin de mon intervention.

En Bretagne, la Région a pris la décision de renforcer et d’adapter les différents moyens mis en place pour assurer la continuité des formations professionnelles.

Je vous confirme donc une bonne nouvelle :

Les organismes de formations que j’ai rencontrés depuis le dé-confinement ont montré une grande résistance face au décrochage potentiel de leurs stagiaires de la gamme PREPA, formation proposée par le Conseil Régional en amont d’une qualification.

C’est le résultat d’une relation suivie avec les services de la Région et des mesures adaptées prises rapidement par l’exécutif pour soutenir financièrement et techniquement ces organismes et leurs stagiaires.

En revanche, l’incertitude est plus grande concernant le décrochage scolaire.

C’est avec une certaine appréhension que nous aborderons la prochaine rentrée scolaire. Les résultats de l’Observatoire du décrochage de 2018-2019 annonçaient 2793 décrocheurs en Bretagne.

Les résultats des deux campagnes de cette année ne sont pas encore disponibles et seront difficilement exploitables. De toute façon, nous ne pourrons pas attendre d’avoir les résultats de ces campagnes de repérage national pour intervenir en faveur des jeunes en difficulté après une interruption de 2 à 4 mois de leur scolarité.  Le repérage au sein des établissements scolaires de ces jeunes sera une priorité de la rentrée. A cela, vient s’ajouter l’obligation de trouver une solution de formation pour les jeunes de 16-18 ans.

Nous savons déjà qu’un des facteurs de réussite de la mise en œuvre de cette obligation de formation repose sur l’efficience et la dynamique partenariale sur un territoire, le renforcement de la thématique de l‘orientation et de l’accompagnement socio-éducatif.

Je rappelle que la Région joue pleinement son rôle de coordination des 17 Plateformes de Suivi et d’Appui aux Décrocheurs (PSAD) depuis 2015 et qu’elle accompagne l’harmonisation de ces Plateformes. L’Observatoire du décrochage avec le soutien du GREF permet aujourd’hui de mutualiser et partager les informations et les pratiques.

Le confinement a empêché le déroulement de la Journée pour la persévérance scolaire prévue initialement le 7 mai mais les expériences recueillies auprès des participants seront disponibles et accessibles sur la plateforme du GREF.

D’autre part, avec sa gamme PREPA, la Région met à disposition un outil de formation adapté à la maturation d’un projet professionnel en amont d’une qualification. On sait déjà que les «16-18 ans » représentent 45% de l’effectif des jeunes entrés sur le dispositif PREPA Avenir jeunes.

On le voit bien, l’offre de services à destination des jeunes est riche et multiple et nos partenaires sur le sujet sont nombreux. Nous serons encore plus efficaces en recherchant les complémentarités et en approfondissant le travail collectif. C’est un vœu pieu, certes, pieu étant un mot, j’en conviens, mal approprié dans la bouche d’une élue radicale. Ceci dit, la réussite dépendra de la volonté de chacun de s’inscrire dans cette démarche.

Dans ce sens, les mesures engagées pour répondre aux orientations du plan pauvreté et à  l’obligation de formation des 16-18 ans, ne doivent pas venir percuter les dispositifs et fonctionnements mis en place avec nos partenaires depuis plusieurs années mais, au contraire, s’y insérer pour une meilleure efficacité et lisibilité pour le public cible.

Notre priorité, à la rentrée scolaire, sera de resserrer les liens entre les PSAD, les Missions locales et les établissements d’enseignements d’un même territoire pour assurer un accompagnement sans faille des jeunes et éviter que certains ne deviennent « invisibles ».

La tentation sera grande dans les mois à venir, d’un repli sur soi des structures ou des collectivités au vu des échéances électorales. Alors que la Bretagne a fait la démonstration de solidarité, d’organisation et de réactivité dans la période tourmentée que nous venons de traverser, il serait désolant de ne pas garder cette « pratique » pour répondre efficacement à la montée en compétence de nos jeunes adultes pour affronter l’avenir.

Pour conclure, notre groupe, soutient la politique régionale dans cette lutte contre le décrochage scolaire. Nous serons bien évidemment attentifs à toutes les remontées qui seront faites par toutes les PSAD afin d’apporter des réponses au plus près des attentes de ces jeunes en situation d’échec scolaire. Il me parait important de le rappeler aujourd’hui : nous sommes, nous, personnes actives, militantes, dans le devoir d’accompagner notre jeunesse et d’y mettre les moyens.

Oui, les mois à venir seront difficiles : j’y faisais allusion tout à l’heure et puisque l’on parle de l’emploi, je vous remercie, Monsieur Le Président, d’être venu personnellement et immédiatement à Lannion pour soutenir et surtout engager efficacement, avec les partenaires sociaux et la communauté d’agglomération LTC, les démarches nationales et européennes nécessaires pour faire stopper ce qui nous apparait comme un scandale : je veux bien entendu parler des licenciements massifs chez NOKIA à Lannion au profit de sites moins disant au niveau social, en Pologne ou en Inde.

 

Merci Monsieur le Président : votre intervention  dans le Trégor a été remarquée et appréciée.

 

 

 

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