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Session du 20 et 21 juin 2019 : discours de politique générale de Stéphane Perrin

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Je souhaiterais commencer mon propos par une pensée pour l’équipage du Jack Morisseau, cette vedette de la SNSM des Sables d’Olonne qui a chaviré le 7 juin dernier entraînant la disparition de trois membres de l’équipage.

Cette tragédie a eu un écho particulier en Bretagne. Les bénévoles de la SNSM sont des membres de nos familles, nos amis, nos voisins. La station SNSM est un repère familier dans nos villes et villages côtiers. 

Les équipages de la SNSM, comme les sapeurs-pompiers bénévoles, participent pleinement à l’excellence du système de sécurité civile en France. Les fortunes de mer font malheureusement partie de l’histoire maritime.

Mais cet perte douloureuse a aussi révélé combien la fragilité des moyens dévolus à la SNSM est devenue incompatible avec l’ampleur de sa mission, celle de la sécurité des personnes en mer. La Région Bretagne est un partenaire majeur et de longue date de la SNSM et a vocation à le rester. Mais il faudra d’autres mesures pour que la mobilisation des bénévoles de la SNSM soit reconnue et accompagnée à la hauteur des enjeux.***

Il y a quelques semaines ont également eu lieu les élections européennes. La Bretagne a à nouveau démontré son engagement européen, les forces politiques hostiles à la construction européenne réunissant moins de 20% des suffrages.

Les Radicaux, dont l’un des leurs, Maurice Faure, fut signataire du traité de Rome en 1957, ne peuvent que se féliciter de cet engagement.

On a beaucoup glosé sur les enseignements qu’il fallait retirer de ce scrutin pour analyser la restructuration du paysage politique national quand ce n’est pas pour les élections municipales ou régionales à venir.

Comme si les élections européennes n’avaient d’autre intérêt que d’être un sondage intermédiaire de mi-quinquennat. Ce n’est évidemment pas à l’échelle des enjeux que notre continent traverse.

Rappelons tout d’abord que ce dont nous avons besoin, c’est d’une Europe plus forte et plus présente, au sein de laquelle la politique au sens noble du terme a fait son retour.

Quand je dis « nous », je ne parle pas que des élus. Je parle des citoyens.

Ainsi, les producteurs de légumes du Pays de Saint-Malo ne demandent pas la sortie de l’Euro. Ils se souviennent des effets désastreux dans leur trésorerie des dévaluations compétitives mises en œuvre par certains pays lorsque les monnaies nationales. Ils ont également besoin d’avoir accès au marché européen pour commercialiser les 20 000 tonnes de légumes qu’ils exportent.

Ils demandent en revanche que la compétition se fasse à la régulière, que ce soit en matière fiscale et sociale, environnementale. Pour cela, il faut harmoniser et, pour harmoniser, il faut que la décision soit prise à la majorité et non à l’unanimité avec une capacité de veto de ceux qui pratiquent volontiers le dumping fiscal et social et environnemental.

Le modèle vertueux n’est donc manifestement pas celui des Etats-Nations se livrant une compétition qui finira toujours par être mortifère. Il faut une Europe plus intégrée mais aussi plus politique car il faut bien reconnaître qu’elle a pris le visage d’une technocratie froide.

Il faudra pour cela que ceux qui incarnent l’Europe (le président de la Commission, le président du Parlement européen…) soient des figures politiques fortes et non le résultat d’un compromis pour choisir ceux qui feront le moins d’ombre aux chefs d’Etat et de gouvernement.

L’enjeu n’est pas mince pour la Bretagne qu’il s’agisse des conditions d’aboutissement de l’interminable Brexit, en particulier pour nos pêcheurs, ou de la future programmation pour les fonds de cohésion (FEDER, FEADER…) qui contribuent à financer nombre de projets en Bretagne.

Nous comptons sur Marie-Pierre Vedrenne et notre collègue Pierre Karleskindpour porter la voix de la Bretagne, rappeler que l’Europe est partout et pas seulement à Bruxelles et qu’elle est un projet politique et non une structure administrative.

Un autre enseignement de ce scrutin est la réaffirmation de l’attente de nos concitoyens en matière de protection de l’environnement et de transition écologique.

Là encore, certains à l’affut de la dernière tendance, se découvrent soudainement des aspirations écologistes.

Nous n’avons pas pour notre part attendu. L’enjeu est fondamental et c’est pour cela que vous aviez, Monsieur le Président, décidé d’engager la démarche BreizhCop.

Annoncée à Saint-Malo en mars 2017, formalisée lors de notre session à Brest en avril 2018, la BreizhCop a désormais véritablement débordé le cadre du Conseil régional avec la semaine organisée à Saint-Brieuc avec de nombreux élus et acteurs de la société civile bretonne. Ce fut un succès qu’il faut maintenant faire vivre pour que les 5281 engagements déjà exprimés soient concrétisés et accompagnés d’autres.

Les Radicaux tiennent en tout cas à saluer cette dynamique et, sur la méthode, le fait que la BreizhCop se construisent sur le terrain. 

Et c’est dans ce contexte qu’est intervenue l’annonce par le gouvernement du renforcement de l’offre à venir sur l’éolien en mer. Là aussi, la Région Bretagne a eu raison d’avoir un coup d’avance avec l’investissement réalisé sur le port de Brest.

Beaucoup reste à faire dans un cadre qui pourrait encore évoluer avec l’annonce par le Premier ministre d’un nouvel acte de la décentralisation. Celui-ci est nécessaire. 

D’abord parce que face au mal-être qui touche les membres des forces de l’ordre, les personnels de la justice et les personnels hospitaliers, l’Etat a besoin de se recentrer sur le cœur de ses compétences en laissant la liberté aux collectivités territoriales d’agir là où elles sont plus à même de le faire.

Ensuite parce que, pour reprendre les propos de Laurent Hénart, président du Mouvement radical, même en matière de pouvoir d’achat, l’Etat ne pourra pas tout faire et qu’il faudra bien qu’il fasse confiance aux collectivités et aux corps intermédiaire.

Le contrat plutôt que la loi, la décentralisation plutôt que la concentration des pouvoirs, les démarches horizontales s’appuyant sur les acteurs de terrain plutôt qu’une verticalité autoritaire… Les Radicaux restent fidèles à ce qui fonde leur courant de pensée depuis la naissance de la République. Plus que jamais nous avons besoin que le projet politique soit partagé par le plus grand nombre.

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