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Session du 9 avril 2021 : Intervention de Stéphane Perrin lors du débat de politique général

Monsieur le Président, mes chers collègues,

Une fois n’est pas coutume, j’ouvrirai mon propos en évoquant les langues régionales.

Je veux saluer le vote définitif de la proposition de loi de notre collègue Paul Molac sur les langues régionales. Soucieux de préserver la solidité du pacte républicain, particulièrement en temps de crise, les Radicaux sont toujours attentifs à ce que la diversité dans ce qu’elle a de plus positif et la cohésion de la Nation coïncident.

Pour ce qui me concerne, je n’ai jamais considéré que les langues régionales et les cultures régionales constituaient une menace pour la République, encore moins sous la forme d’un tilde. Il apparaît que cet équilibre entre diversité et cohésion a été précisément trouvé par ce qu’il convient désormais de nommer la « loi Molac ». Elle rend possible le développement de l’enseignement de nos langues, en incitant et non en contraignant, en valorisant et non en dénigrant.

En Radical conséquent, je forme aussi le vœu que cette loi, loin de générer une concurrence délétère pour nos écoles publiques (je pense évidemment au débat sur le forfait scolaire) sera l’occasion de voir l’enseignement du breton et du gallo se développer dans les écoles publiques.

Je note aussi que cette loi résulte d’une proposition d’un député, adoptée par une majorité de  parlementaires issus de bancs variés, parfois malgré l’avis défavorable du gouvernement. Une proposition de loi définitivement votée c’est rare, une grande proposition de loi encore plus. C’est à mettre au crédit de notre collègue Paul Molac et c’est tout à l’honneur du Parlement dont les Radicaux ont toujours déploré la faiblesse sous la Ve République.

Il est malheureusement regrettable que, le même jour, une autre proposition de loi du même groupe « Libertés et territoire » au sein duquel siège les Radicaux, celle sur la fin de vie, ait été retoquée. Non pas en raison d’un défaut de soutien d’une majorité de députés mais par le dévoiement du droit d’amendement par un quarteron de députés réactionnaires qui ont organisé l’obstruction sur ce texte. Le soutien de la quasi-totalité de l’hémicycle à l’auteur de la proposition Olivier Falorni (y compris du groupe des organisateurs de l’obstruction) aura évité que l’image du Parlement n’en ressorte abimée. Le gouvernement s’honorerait à reprendre à son compte cette proposition.

Le débat sur ces deux textes a en tout cas le mérite de nous rappeler où se trouvent les vrais clivages politiques même si ce ne sont pas ceux qui alimentent aujourd’hui les gazettes.

 

Je parlais de menaces sur la République. Elles existent mais elles sont bien ailleurs. Elles résident bien plus dans les inégalités sociales qui nourrissent tantôt le populisme, tantôt le communautarisme.

Jusqu’au bout, encore plus dans ce contexte de crise Covid, notre majorité aura lutté contre toutes les formes d’enclavement. Les difficultés sont là mais nous ne sommes pas dans la résignation. Nous voyons dans la renaissance du site Gad de Lampaul l’exemple le plus éclatant de ce que la Région peut faire pour redonner un avenir à des femmes et des hommes, à un territoire avec le concours des acteurs publics et privés locaux. Il aura fallu l’énergie et de la conviction pour parvenir à ce résultat, en résistant aux discours déclinistes ou décroissant.

C’est la même énergie et la même conviction qui permettent aujourd’hui que la Coop des Masques soit opérationnelle nous permettant ainsi de disposer sur notre territoire d’un outil non délocalisable de production de produits essentiels pour le secteur de la santé.

C’est la même énergie et la même conviction qui permettent aujourd’hui de voir aboutir des chantiers d’envergure dans nos lycées, offrant un confort de travail apprécié par nos jeunes et la communauté éducative.

C’est la même énergie et la même conviction qui permettent que notre agriculture se transforme pour continuer à nourrir la population tout en contribuant à la qualité de notre environnement. Redisons-le, l’agriculture bretonne est probablement en avance sur son temps, il faut la soutenir dans ses efforts.

C’est la même énergie et la même conviction qui permettent que la fibre continue de se déployer, malgré les difficultés, avec une maîtrise publique et une conception solidaire de cette politique de sorte que ce sont des millions d’euros qui sont rendus aujourd’hui aux intercommunalités, moyens dont elles auront sans aucun doute besoin pour développer leurs propres politiques.

Et il y aurait autant à dire sur les mobilités, la culture, le tourisme, la formation…

Je note d’ailleurs que l’on nous reproche rarement de faire fausse route mais plutôt de ne pas aller assez vite. Je lis en creux que la vision de la Bretagne que nous portons est proche des aspirations des Bretonnes et des Bretons.

La crise liée à la COVID19 nous impose à l’évidence de ne pas relâcher nos efforts. Je le redis, notre rôle n’est pas de disserter sur la gestion sanitaire. Cette crise est inédite et complexe. Il faudra en temps utile en tirer les enseignements. Nous devons plutôt concentrer nos efforts sur les conséquences économiques, sociales et mêmes psychologiques de cette crise.

Comme je l’ai dit lors de notre session de décembre dernier, cette crise affecte très inégalement la vie de nos concitoyens. Les jeunes, qu’ils soient lycéens, étudiants ou jeunes actifs, font partie des principales victimes. Le bordereau qui sera débattu tout à l’heure sera l’occasion de renforcer et compléter les mesures votées en décembre dernier.

Cette session sera-t-elle la dernière de ce mandat ? Nous n’en savons rien à cette heure ce qui en dit long sur le travail qu’il nous reste à faire pour être plus résilients, y compris lorsque nous évoquons notre vie démocratique. Sans évolution de la loi quant aux méthodes de campagne et aux modalités de vote, le risque est grand que la date des élections ne soit qu’une variable d’ajustement. La vie d’une collectivité repose sur un plan de mandature et des rendez-vous réguliers avec nos concitoyens. Nous avons besoin de visibilité.

Faut-il dès lors saluer nos collègues qui participent peut-être pour la dernière fois à nos travaux. Je vais m’y risquer avec une pensée particulière pour mes camarades de groupes Sylvie Argat-Bouriot et Alain Le Quellec qui ont œuvré avec humilité, constance et disponibilité. Qu’ils en soient remerciés.

Et parce qu’il faut fuir les discours déclinistes et décroissants, j’emprunterais à notre collègue Jean-Michel Le Boulanger la phrase qui conclut son roman, une phrase simple dont la force est d’autant plus grande qu’elle est prononcée par des personnages qui vivent la dureté de cette Bretagne du début du XXe siècle : « Faut aimer la vie ! »

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